هناوي الهادي30 أبريل 2026Last Update :

Quand le doute s’installe au sommet la confiance publique à l’épreuve

Sur le terrain, loin des polémiques  et des brouhahas politiques, des milliers de serviteurs de l’État walis, gouverneurs, secrétaires généraux, pachas, chefs de cercles et Caïd et cadres territoriaux poursuivent, souvent dans l’ombre, un travail rigoureux pour assurer la continuité du service public, la stabilité institutionnelle et la mise en œuvre des politiques publiques. Inscrits dans une chaîne hiérarchique clairement définie, ils exécutent des orientations et appliquent des instructions qui émanent des plus hauts niveaux de décision. Dès lors, il serait inexact et profondément injuste de leur imputer la responsabilité de dérives, d’irrégularités ou d’erreurs qui relèvent du sommet. La responsabilité, par nature, incombe d’abord à celui qui décide, oriente et supervise et non à ceux qui mettent en œuvre. Comment expliquer, dès lors, qu’un État puisse être informé duparcours douteux d’un individu soupçonné de trafic de drogue, évoluant sous couvert d’homme d’affaires ou résidant à l’étranger et le laisser pourtant se présenter aux élections, voire accéder à la présidence d’une région ou à un portefeuille ministériel ..? Une telle situation alimente inévitablement les interrogations et renforce les soupçons d’un dysfonctionnement profond dans les mécanismes de contrôle et de responsabilité. Dans ce contexte, certains analystes estiment que des décisions fortes s’imposent, notamment l’éviction de hauts responsables dont la crédibilité est désormais entachée. Une telle mesure constituerait un message clair, nul n’est au-dessus de l’intérêt supérieur du Royaume. Au cœur de la polémique actuelle autour d’accusations de corruption et d’abus de pouvoir visant le ministre de l’Intérieur, la scène politique marocaine se retrouve face à une véritable épreuve. Il ne s’agit plus seulement de la personne d’un ministre ou d’un responsable, mais bien de la crédibilité de l’État et de ses institutions. Lorsque des soupçons pèsent sur celui qui supervise le processus électoral, la question dépasse le cadre individuel pour devenir une problématique de confiance publique, touchant à l’essence même de la démocratie
Le ministère de l’Intérieur, de par son rôle stratégique, n’est pas une simple administration chargée de l’organisation technique des élections. Il constitue le pilier central de leur intégrité et de leur transparence. Dès lors, toute atteinte à l’image de celui qui dirige cette institution se répercute directement sur la confiance des citoyens dans les urnes. Comment convaincre l’électeur que son vote compte réellement si celui qui en garantit la protection est lui-même entouré de soupçons..? Et comment les partis politiques peuvent-ils participer à un scrutin dans un climat de doute sans compromettre leur propre crédibilité..? Plus préoccupant encore, le silence ou l’inaction face à de telles accusations ouvre la voie à des interprétations plus graves. L’absence d’une enquête rapide et transparente est souvent perçue comme une forme de complaisance, voire une tentative d’étouffer la vérité. Cela alimente un sentiment largement partagé : celui d’une justice à géométrie variable, où les règles de reddition des comptes ne s’appliquent pas à tous de manière équitable. Or, dans un État de droit, la logique de l’impunité ne peut être tolérée, surtout lorsqu’il s’agit de responsabilités aussi sensibles
La crise actuelle dépasse donc le cadre individuel , c’est une crise de 

Confiance dans les élections, dans les partis politiques et dans les institutions. Sans une gestion rigoureuse de cette situation à travers l’ouverture d’une enquête indépendante, la publication de ses conclusions et l’application effective du principe de responsabilité les conséquences risquent de dépasser largement le moment présent et d’ébranler durablement le processus politique dans son ensemble. Les citoyens marocains ne réclament pas l’impossible. Ils exigent simplement le minimum, transparence, responsabilité et respect de leur intelligence. Le maintien du flou ne fera qu’accentuer la fracture entre l’État et la société, renforçant une perception dangereuse selon laquelle les élections ne seraient qu’une façade, aux résultats connus d’avance. Dans ce contexte délicat, la nécessité d’une intervention du Roi Mohammed VI, en sa qualité de garant du respect de la Constitution et du bon fonctionnement des institutions, s’impose avec acuité. Une telle intervention serait de nature à restaurer la confiance des citoyens et à réaffirmer que l’État dispose des mécanismes nécessaires pour corriger ses propres dérives, tout en préservant les acquis démocratiques issus de longues années de lutte et de sacrifices. Car il est illusoire de prétendre bâtir un État fort, démocratique et juste, sur des institutions et des partis minés par la corruption, l’autoritarisme et l’injustice

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