
Il est parfois des scènes politiques qui laissent songeur. Certains semblent parfaitement à l’aise dans cette posture paradoxale qui consiste à jouir des privilèges de l’État tout en contestant ses choix stratégiques. Ainsi, alors que l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane bénéficie d’une pension mensuelle estimée à sept millions de centimes, d’un véhicule de fonction et d’une protection permanente assurée aux frais du contribuable, ses prises de position publiques interrogent.
Au lendemain de l’attaque visant l’Iran et de la mort du guide suprême Ali Khamenei, des scènes contrastées ont marqué l’actualité en Téhéran et dans plusieurs villes iraniennes, des rassemblements de jeunes ont exprimé des réactions mêlées, allant jusqu’à s’en prendre à des symboles du pouvoir ; à Tanger, des ressortissants iraniens résidant au Maroc ont manifesté leur indignation face à l’offensive américaine et leur tristesse ; tandis qu’à Rabat, des responsables islamistes, dont M. Benkirane, ont publiquement affirmé leur solidarité constante avec Téhéran Entre fidélités idéologiques, calculs politiques et devoir de cohérence nationale, le contraste est saisissant et mérite d’être posé, sans détour, au cœur du débat public ; On pourrait légitimements ’interroger comment comprendre qu’un dirigeant à la tête d’un Conseil censé promouvoir la paix, prévenir les guerres et favoriser le règlement des différends entre États, se retrouve, au moment même de sa fondation, engagé dans une confrontation militaire contre l’Iran ..? Le paradoxe est saisissant. À mes yeux, les frappes que certains qualifient d’atteinte à la souveraineté d’un État ne relèvent pas d’un simple dérapage conjoncturel ; elles semblent s’inscrire dans une stratégie mûrement réfléchie, dont l’objectif dépasserait la riposte immédiate pour viser un bouleversement plus profond de l’équilibre interne du régime visé

le régime algérien surgit avec des communiqués enflammés, brandissant la menace à l’encontre de la première puissance mondiale comme s’il détenait les clés de l’équilibre stratégique international. Le ton est celui d’un vainqueur sûr de sa suprématie, alors que la réalité renvoie l’image d’un État empêtré dans ses propres fragilités internes. On agite la rhétorique de la confrontation face aux États-Unis, mais chacun sait que le rapport de force ne se mesure ni à la décibélisation des discours ni à la solennité des pupitres officiels
L’ironie est d’autant plus frappante que ceux qui invoquent la « dissuasion » et la « riposte » s’appuient sur un arsenal importé, parfois hérité d’époques révolues, et sur des systèmes dont les secrets techniques sont mieux maîtrisés par les fabricants que par les utilisateurs. Pourtant, la tonalité se veut impériale, comme si une nouvelle puissance militaire frappait aux portes de l’Histoire. L’image évoque moins une démonstration de puissance qu’une fable : celle d’une fourmi qui bombe le torse face à un éléphant, confondant agitation et autorité, proclamation et capacité réelle
La politique internationale n’est ni un ring de boxe verbale ni une tribune destinée à exporter des illusions. Lorsque le discours officiel se transforme en exhibition musculaire sur papier, alors que les faits tangibles racontent une tout autre histoire, une interrogation s’impose; s’agit-il réellement d’adresser un message à l’extérieur, ou de convaincre l’opinion intérieure qu’un ton martial peut tenir lieu d’influence et que le volume de la voix suffit à masquer l’étroitesse des marges de manœuvre ; Selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux, des scènes de liesse auraient été observées dans plusieurs villes iraniennes, où des groupes de jeunes se seraient rassemblés, certains allant jusqu’à s’en prendre à des symboles associés au guide suprême Ali Khamenei
Au même moment, à Tanger, des ressortissants iraniens établis au Maroc ont organisé une manifestation pour dénoncer l’intervention américaine et exprimer leur tristesse après l’annonce de la disparition du guide iranien; À Rabat, des responsables islamistes ont également affiché leur position. L’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a déclaré que son courant politique « a soutenu, soutient et continuera de soutenir l’Iran », assumant publiquement une ligne de solidarité qui ne manque pas de susciter le débat









